Mon dieu quelle horreur. enfin je devrais sans doute être fier ou excité. C’est la première fois que je rencontre une star de cinéma. Et pas n’importe laquelle je vous prie! Elephant Man!
- Ok monsieur! Je suis vraiment désolé, j’ai pas de monnaie sur moi. Ah, à votre tête je vois qu’on la sort tout le temps celle là n’est ce pas?!
Un pas en arrière.
On ne vous la fait pas à vous hein? En fait j’ai perdu mon portefeuille.
Puis un autre.
- Bon je devine que vous avez passé une sale journée. Ils annonçaient du beau temps, vous avez sorti la chemisette de circonstance, et là paf! Le ciel se couvre! Ca me mettrait en rogne aussi. Une belle chemisette comme ça, ruinée.
Une chemisette, à carreaux en plus. Pauvre raté. Je recule encore.
- Ma journée est pas meilleure vous savez, hé hé.
Et encore.
- Oh là! Vous avez vu l’heure?! Non pas que causer avec vous me dérange, mais je dois vraiment y aller. En plus en toute honnêteté, la barre de fer que vous avez dans la main ne me rassure pas trop!
Maintenant!
Cours. Cours! Cours à en perdre haleine! Ne t’arrête pas! Ne te retourne pas! Cours!
Ma survie en dépend …
Julie!! Et merde!!
Je rebrousse chemin. La caricature d’Hervé Dumont est sur mon chemin. D’accord mon gars on va voir si t’es plus rapide que moi. J’aurais dû mettre des baskets. Je m’élance sur sa gauche, il agite sa matraque improvisée, et je repars aussi sec sur sa droite. Abruti il a marché. Ah tiens, il a réussi à me coller un coup dans les côtes avant que je sois hors de portée. Ma veste est foutue, enfoiré. Mais je peux maintenant foncer, enfin façon de parler, au snack récupérer Julie.
Brrr, flippant ce type. Quoiqu’il soit passé au dessus de la ville, ça l’a rendu dingue. L’ouverture de notre havre de paix me tend les bras.
Mais c’est pas vrai! Là devant moi, Julie tenant fermement la poignée de porte de la salle fumeur. De l’autre côté malade bis s’excitant sur la vitre, les mains en sang. Y’en a marre! J’attrape le premier objet à portée. Et je fonds sur lui.
- Julie!
Je fracasse le crâne à deux reprises à fêlé numéro deux. Il tombe au sol, je m’acharne.
- Vous allez me foutre la paix oui! Bande de dégénérés!
Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne prêt à frapper. Elle me regarde sans ciller.
- C’est bon, calme toi! Tu vas le tuer! Arrête toi! Tout va bien, calme toi.
Sentant ma folie meurtrière passagère se dissiper, je lâche la truelle. Elle me sourit.
- Merci. Cela fait deux fois que tu me sauves aujourd’hui. Je vais devoir penser à une récompense. Une petite idée?
Je rêve ou je vois un sourire ingénu? Incroyable! Vraiment incroyable! J’en oublie presque le cadavre à mes pieds.
- Mais bon dommage que tu aies ramené un copain, on va devoir attendre d’être dans un coin plus tranquille. Il était persistant dans ces avances. Enfin … une idée de ce qui se passe?
- Aucune. Je sais juste que c’est le deuxième gars comme lui que je rencontre en dix minutes.
- Mais qui sont …
- J’en sais rien.
- Et pourquoi …
- Pas le moindre avis. On file d’ici, il faut trouver un abris sûr, voire même partir de la ville.
- Ok.
- Il va nous falloir des vivres, un véhicule, une carte routière … Et de quoi se défendre si y’a d’autres malades dans son genre.
- Bon et bien? T’attends quelqu’un? Tu veux dire une prière pour le type étalé? Ou on se casse?
Elle sourit encore.
Pourquoi! Pourquoi il faut que je craque toujours au mauvais moment pour ce genre de nana! Je la maudis.
- Grmbl!
Je commence à me diriger vers la sortie.
- Jasper?
Etrange revoilà ce regard inquiet, distant et surtout larmoyant. Cesse de renifler!
- J’essaye d’avoir l’air bravache, mais si je flanche tu me soutiendras?
J’essuie ces larmes du revers du pouce.
- Oui. Allez viens en route.
De toute façon, bien que je ne comprenne pas, je me sens totalement détaché du chaos ambiant. Je risque pas de flancher.
Légère modifications de la fin du texte. C’est ça de pas faire de brouillon!